On vous présente... Julie
Avec l’arrivée de Julie, c’est un nouveau regard et une nouvelle énergie qui rejoignent CABASA. Elle a repris le rôle de chargée de développement du projet @HOME en juillet 2024. Objectif principal : faire atterrir le modèle économique et rédiger le business plan. Julie a rapidement pris en main sa fonction et sa place au sein du collectif. Présentation d’une jeune femme pleine de ressources.
Pour moi, les personnes touchées par cette maladie évoluent dans leur monde. Ils peuvent nous apprendre plein de choses que nous ne percevons pas au premier abord.
Comment es-tu arrivée à CABASA ?
Je ne me plaisais plus vraiment dans mon ancien travail et avais envie d’aller vers un secteur qui me correspondait mieux. Ma réflexion m’a amenée à l’idée de travailler dans l’accompagnement des personnes âgées. J’ai donc commencé à m’intéresser aux structures actives dans ce secteur. Même si j’habite près de Namur, je regardais également les projets bruxellois car ils sont plus nombreux. Je suis tombée sur le site de cabasa, me suis inscrite à la newsletter et quand vous avez lancé l’offre d’emploi, je me suis dis : « ah c’est l’opportunité qu’il me faut pour entrer dans ce domaine là et changer de vie professionnelle.
Tu es une jeune femme de presque 30 ans. Qu’est-ce qui te plaît dans le fait d’être au contact des personnes plus âgées que toi ?
Ce que j’adore chez les personnes âgées, c’est d’abord qu’elles savent prendre le temps. Ce n’est évidemment pas le cas de tout le monde, mais je pense qu’elles sont arrivées à une étape de la vie où elles ont plus tendance à prendre le temps et à profiter de chaque petit moment. Ce qui va à contre-courant de la tendance actuelle où tout le monde court partout et tout le temps. Un autre aspect que j’apprécie beaucoup chez les seniors, c’est la transmission des savoirs qu’ils ont accumulés tout au long de leur vie. Ils ont aussi un recul inspirant sur leurs expériences de vie.
Et pourquoi s’intéresser aux seniors qui vivent avec une maladie neurocognitive ?
J’ai vécu avec mon grand-père qui avait la maladie d’Alzheimer. J'ai alors réalisé que les structures d'accompagnement pour séniors existantes n'étaient pas toujours adaptées à ce type de public. J’ai constaté qu’il y avait également un manque d’accompagnement des proches aidants. En effet, ils sont également impactés et peuvent se sentir démunis. Ils veulent faire de leur mieux mais ne savent pas toujours comment s’y prendre. Je me suis alors dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ces publics. Et puis, pour moi, les personnes touchées par cette maladie évoluent dans leur monde. Ils peuvent nous apprendre plein de choses que nous ne percevons pas au premier abord.
Tu travailles pour CABASA depuis le mois de juillet, comment as-tu pris en main ta fonction ?
J’ai commencé par découvrir tout ce qui avait déjà été fait depuis le début du projet. J’ai évidemment fait connaissance avec le collectif. Puis, j’ai pris petit à petit des responsabilités nouvelles pour moi. C’est vrai que je travaillais dans une société privée qui avait une hiérarchie assez marquée et où j’avais un rôle d'exécution. Je travaille maintenant pour une ASBL qui s’organise en autogestion et de façon horizontale, c’est très différent. Je me suis aussi plongée dans les chiffres et me suis rendu compte que c’est une partie du boulot que j’apprécie plus que je ne le pensais même si je n’aimerais pas que mon rôle se limite à ça. J’ai rencontré pas mal de personnes travaillant dans le secteur du vieillissement, dont certaines font partie d’organisations que j’avais déjà découvertes à travers mes recherches. C’est très nourrissant ! J’ai suivi beaucoup de formations, quelque chose que j’adore car ça me permet d’évoluer. Et puis, bien sûr, avec le collectif, on continue à faire évoluer le projet des maisons @HOME sur des éléments très concrets.
Pendant ces neuf mois, il y a des choses qui t’ont étonnées ?
Ce qui m’étonne particulièrement, c’est la liberté dont je bénéficie au sein de l’ASBL. J’organise mes horaires et mes tâches comme bon me semble en toute autonomie. Il y a bien sûr une sorte de compte rendu qui est fait lors de nos réunions mensuelles mais je ne sens pas de pression et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Un autre aspect étonnant est le fait que le projet tient parfois à peu de chose : une personne qui donne une réponse, un contact ou une piste qui peut relancer le projet ou, au contraire, mener sur des mauvais chemins. C’est fou de se dire que ce projet est né dans la tête d’une seule personne et que ça prend de l’ampleur petit à petit.
Est-ce que travailler en gouvernance partagée te convient ?
J’avais très envie de travailler de manière plus horizontale et je voyais ce mode de fonctionnement comme idéal. Maintenant que je le pratique, je me rends compte combien il est important de définir les rôles et le périmètre d’action de chacun. C’est par exemple parfois un peu difficile de savoir ce que je peux demander au reste du collectif, d’autant plus que je suis la plus jeune en âge et dans le projet. C’est quelque chose qu’on pourrait améliorer collectivement.
Quel serait ton idéal pour les deux prochaines années ?
En ce qui concerne notre projet, j’aimerais beaucoup qu’on accueille des nouveaux membres dans le collectif pour bénéficier de nouvelles compétences et énergies. J’aimerais aussi qu’on se fasse davantage et mieux connaître dans le secteur. Et bien sûr, j’aimerais que notre projet soit reconnu par Iriscare afin de bénéficier d’un financement récurrent. Ce qui permettrait de rendre notre modèle d’habitat accessible financièrement au plus grand nombre. Enfin, j’aimerais qu’on ait posé la première brique de notre première maison si la piste qu’on a se concrétise.
En ce qui me concerne, j’aimerais continuer à jouer le rôle de coordination tout en ayant un pied sur le terrain. J’aime beaucoup ça ! Il y a malheureusement toujours une incertitude par rapport au financement de mon poste. Quoi qu’il en soit, si je ne suis plus employée, j’aimerais rester impliquée dans CABASA en tant que bénévole. C’est important pour moi.